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Thomas Henriot engage son nom et celui de sa famille !

par / 2 décembre 2014 Non classé No Comments

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Depuis le 1er janvier 2014, Thomas Henriot préside aux destinées de la maison éponyme. Fort d’un solide bagage professionnel en dehors du champagne, ce jeune dirigeant entend développer l’entreprise familiale grâce à son expérience dans d’autres secteurs.

 

Cet homme est étonnant. Au cours d’une même conversation, il peut évoquer le chardonnay –« l’ADN de la maison », la « désintermédiation qui sera à l’origine de la nouvelle révolution du monde digital » ou ses quatre motos, dont une Royal Enfield « pour aller chercher le pain le dimanche ». Non, décidément Thomas Henriot n’est pas un de ces fils à papa dont le seul avenir est de mettre ses pas dans ceux de son père.

Depuis le début de l’année, ce quadragénaire a donc pris les rênes de la maison Henriot, entreprise familiale basée à Reims. Si, pour beaucoup, sa nomination relevait de l’évidence, l’intéressé analyse tout autrement son arrivée et se penche sur le passé pour expliquer le présent. « Durant ma carrière, je n’ai vraiment pas envisagé mon avenir au sein de cette maison. J’avais une vie professionnelle bien remplie et qui me suffisait. »

Après avoir obtenu une maîtrise de biochimie en 1998, le jeune homme intègre l’EM Lyon où il suit un cursus en management, marketing et commerce. En 2000, il entame sa carrière en Argentine à La Lyonnaise des Eaux qui vient de remporter le contrat de distribution d’eau à Buenos Aires. Deux ans plus tard, Thomas Henriot débute dans l’industrie lourde via une filiale de Saint-Gobain spécialisée dans le verre destiné au secteur pharmaceutique. Il passe ensuite quelques années dans une PME de fabrication de flacons en plastique pour la cosmétique avant d’intégrer le groupe familial. « En 2008, j’ai reçu un coup de fil de mon père qui m’a proposé de le rejoindre. Cela a été aussi simple que cela et je ne m’y attendais vraiment pas ! » Voilà comment Henriot Thomas a fait son entrée dans le groupe présidé par Henriot Joseph.

Il s’acquitte alors d’une première mission en Bourgogne puis d’une seconde relative à la distribution des marques de la maison (Champagne Henriot, Bouchard Père et fils, William Fèvre, Villa Ponciago, Lejay) avant de prendre la présidence de la maison. Et là, il tient à se distinguer de la gestion paternelle. « Il n’y aura pas de suite à Joseph Henriot. L’avenir sera familial et différent. Mes dix années passées à l’extérieur du groupe me permettent d’appréhender les situations sous un autre angle. Pour résumer cela de façon amusante, je me laisse le choix d’avoir le choix. »

Rassurez-vous, dans certains secteurs, Thomas Henriot va poursuivre l’œuvre de son père. « Depuis 1808, nous conservons un savoir-faire dans l’élaboration des vins. Nous n’avons jamais dérogé à ce principe de qualité et cela va continuer. Dans ce domaine, j’engage mon nom et celui de ma famille… »

Côté objectifs, Thomas Henriot ne se fixe aucune feuille de route. « Je ne veux pas décider trop vite et je ne suis pas non plus dans une stratégie de rupture car une certaine constance est nécessaire. » Derrière cette déclaration, le chef d’entreprise envisage tout de même un axe de travail fort. « Il y a quelques mois, j’ai eu la chance de me rendre dans la Silicon Valley pour un voyage d’études. Je crois que nous devons repenser notre relation avec notre clientèle. De plus en plus, les intermédiaires seront contournés. C’est la désintermédiation liée à l’accroissement des échanges via le digital. Nous devons inventer la VPC (vente par correspondance) de demain. »

Un tel dossier exige du temps et de la réflexion. Et pour bien réfléchir, quoi de mieux que de chevaucher un deux-roues dans les vignes. « C’est fabuleux et cela fait un bien fou », conclut avec un large sourire l’heureux propriétaire d’une Royal Enfield, d’une BMW, d’une Yamaha et d’une Harley-Davidson…

Jean-Baptiste Duteurtre

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