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Les Thiénot, une vision partagée de la Champagne

par / 11 janvier 2018 Non classé No Comments

Alain Thiénot et son fils Stanislas sont aux commandes du groupe éponyme très présent dans le champagne (maisons Thiénot, Jospeh Perrier, Canard-Duchêne) et dans le bordelais. Nous leur avons demandé de confronter leur vision de l’appellation champenoise. Entretiens croisés.

 

La discussion est très posée mais les deux hommes n’hésitent pas parfois à se couper, à s’interrompre. On sent Alain Thiénot, le septuagénaire, assez fier de Stanislas, le quadragénaire. Et on sent également du respect de Stanislas pour son père. Les deux hommes, qui travaillent ensemble depuis une bonne dizaine d’années, discutent quotidiennement de leurs affaires, mais là, ils se penchent sur l’appellation champenoise.

« C’est une organisation interprofessionnelle assez exemplaire, quelque chose d’immuable depuis 1927. Nous pouvons comparer avec le bordelais où nous sommes assez présents et les deux régions sont très différentes dans leur fonctionnement » débute Alain. « C’est à mon sens l’une des appellations les plus performantes, poursuit Stanislas. Sa force réside dans sa capacité à se réguler, dans ses spécificités comme la réserve qualitative qui permet de faire face aux moments difficile. L’environnement général, le partage décisionnel entre le négoce et le vignoble, est à l’origine de la réussite ».

 

Les années d’effervescence

 

Les Thiénot ont débuté leur carrière dans le monde du négoce dans des périodes assez fastes. Pour Alain, la région se développait rapidement sans toutefois réussir à toujours maîtriser sa croissance. Pour Stanislas, c’était le début des années 2000 et une certaine effervescence. « Mais je dois dire que l’expérience de mon père a été très importante dès le début de ma carrière. Nous étions dans un phénomène de croissance assez facile. Sans son analyse, je n’aurai jamais imaginé les suites de la crise boursière après l’affaire Lehman-Brothers. Lorsque cette crise a débuté, je le trouvais assez pessimiste mais il était en fait très réaliste, car il avait déjà vécu d’autres crises et il savait qu’il fallait prendre des mesures ».

 

Le travail doit donc être fait sur les marques pour que nous les rendions plus fortes

 

Le partage de l’expérience est au centre de la relation professionnelle entre le père et le fils. « Chaque fois que nous devons prendre une décision importante, nous en parlons ensemble, nous échangeons. Et à chaque fois nous prenons nos décisions en regardant le passé et en imaginant l’avenir » poursuit Stanislas. « Nous apportons tous les deux notre vision à l’entreprise. J’ai plutôt un sens critique assez développé mais je pense qu’il a bien pris en main les choses dans un environnement plus difficile que lorsque j’ai débuté ma  » ajoute Alain.

Sur l’avenir de la Champagne, les deux hommes partagent la même analyse. « Les efforts qualitatifs font que le champagne est aujourd’hui un produit de qualité. Le travail doit donc être fait sur les marques pour que nous les rendions plus fortes » affirme Stanislas. Au niveau interprofessionnel, Alain estime lui que l’ensemble des acteurs doit être particulièrement attentif dans les prochaines années : « Il ne faut surtout pas résonner à courts termes. Nous devons mettre de côté nos intérêts personnels pour avoir une vision à long terme dans l’intérêt des deux familles qui composent notre interprofession. »

 

Jean-Baptiste Duteurtre

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