Google+

Piper-Heidsieck dans sa période Renaissance

par / 1 mai 2014 Non classé No Comments

On en parleArticle(s) connexe(s)

Régis Camus écrit, par petites touches, un nouveau chapitre de l’histoire de Piper-Heidsieck. Le chef de cave joue sur des volumes plus importants de vins de réserve, un vieillissement plus long sur lattes et un apport supplémentaire de pinots noirs pour donner une nouvelle personnalité à la gamme.

Il y a 20 ans Piper-Heidsieck était majoritairement sur des notes très agrumes. C’était un champagne d’apéritif très typé : facile, léger, séducteur et un peu bling-bling. « Nous avons souhaité lui redonner de la structure tout en conservant la fraîcheur », explique Régis Camus, élu huit fois meilleur Chef de Caves de tous les effervescents du monde par le prestigieux International Wine Challenge.

Les méthodes de vinification ont évolué. « On a commencé à ne plus bloquer la fermentation malolactique puis laissé les bouteilles un peu plus longtemps en caves avant de revoir les assemblages. Les choses ont changé tranquillement, par petites touches », explique Régis Camus.

Gardien du temple attentif à la qualité, soucieux d’exigence, désireux d’apporter son empreinte à Piper-Heidsieck, il a rouvert le livre de la maison pour en écrire un nouveau chapitre. Les premiers bénéfices qualitatifs sont arrivés dès 2006. « Nous avons changé de registre pour faire passer le vin sur des arômes plus prononcés de pommes, de poires, avec des notes d’agrumes. Nous avons aussi reconstruit le puzzle des assemblages et modifié notre feuille de route. En travaillant sur plus de 100 crus. »

Piper-Heidsieck ne renie pas son passé, l’époque des légendaires festivals de cinéma à Venise, Berlin ou Londres ou le Festival de Cannes dont la marque reste le fournisseur officiel. Mais le champagne « paillettes » a laissé la place à  une gamme de grands champagnes classiques: Brut, Cuvée Sublime, Rosé Sauvage, Vintage Brut ou Rare.

« Nous sommes majoritairement sur des pinots noirs qui apportent de la charpente et de l’ampleur aux vins. Sur le brut nous retrouvons la pomme reinette et quelques notes d’agrumes telle que la carambole. La finale évoque le raisin frais, la poire que l’on croque à pleines dents », souligne le chef de caves.

Pour Régis Camus le millésime  est une photographie de l’année. « Nous ne l’élaborons que pour des millésimes représentatifs de l’année et il nous arrive de ne pas en sortir pour conserver des vins de réserve. »

Chez Piper-Heidsieck le 2006 est composé de 51% de chardonnay et de 49% de pinot noir issus de Grands Crus et Premiers Crus. Dosé à 10 grammes il est avenant, généreux, enveloppé. C’est un millésime aimable à l’image de l’année. A la différence du 2004 « qui est un athlète marathonien de la Grèce Antique », commente le chef de cave.

 

Prendre son temps grâce à la jeunesse

Régis Camus n’abuse pas des métaphores sportives pour décrire ses vins. Mais on sent chez lui une volonté d’associer la puissance à la fraîcheur, la force à la fluidité, voire à l’onctuosité avec des dosages conséquents qu’il revendique fièrement. « Ils ne sont absolument pas incompatibles avec l’élégance et la légèreté. » Il a mis en place, en outre, des vinifications cépage par cépage et peut en jouer grâce à la magnifique cuverie construite en 1995.

Le chef de cave a choisi l’année 2002 pour élaborer une cuvée de prestige d’un grand classicisme, avec 70% de chardonnay et 30% de pinot noir. Rare, la cuvée de prestige de la Maison Piper-Heidsieck joue sur l’explosion et la complexité des saveurs (mangue, kiwi, ananas, poivre blanc) et sur une minéralité ciselée typique des grandes cuvées. Elle est sortie lors du bicentenaire de la maison, créée en 1785, dans une bouteille sertie de diamants et d’or, signée Van Cleef & Arpels, copie inspirée de celle dessinée par Fabergé. L’étiquette rappelle cet évènement qui a marqué l’histoire de la maison.

« Il y a une douzaine d’années le rosé était hors du temps. Il est devenu incontournable », lance Régis Camus qui a fait le choix de faire des champagnes rosés avec des couleurs soutenues, à l’image de ceux des Riceys.

Le Rosé Sauvage bénéficie d’une généreuse proportion de vins rouges fruités de champagne élaborés à partir d’une majorité de pinots noirs et de meuniers de la Grande et Petite Montagne de Reims. « C’est un vin de dessert. Il s’accorde parfaitement avec une tarte aux fraises, un canard à l’orange ou des plats asiatiques », souligne Régis Camus.

Repris par la famille Descours en 2011, Piper-Heidsieck poursuit sa renaissance sous l’impulsion de Cécile Bonnefond, présidente de cette maison bicentenaire. « J’ai la chance de travailler avec un grand patron français, Christopher Descours. Il a envie de prendre son temps pour porter la maison à son plus haut niveau d’excellence. »

 

Jean Batilliet

Jean Batillet

Laisser un commentaire

Email (ne sera pas publié)