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L’hommage de Philipponnat au pinot noir

par / 20 septembre 2016 Non classé one Comments

Quatre cuvées sont dédiées au pinot Noir dans cette maison de Mareuil-sur-Ay où le champagne est d’abord un vin.

C’est dans le triangle d’or du pinot noir, formé par les villages d’Ay, de Mareuil, d’Avenay et de Mutigny, que les Philipponnat ont constitué leur vignoble historique d’une vingtaine d’hectares. Ici, où que l’on tourne le regard, tout est Grands et Premiers crus et l’on vénère les vertus d’un cépage doté d’une belle puissance, quitte à la modérer quelque peu quand cela s’avère nécessaire. Charles Philipponnat, l’actuel descendant d’une longue lignée de vignerons  installés dans la région depuis bientôt cinq siècles, appartient à ces artisans champenois qui professent qu’en ces lieux, où le raisin noir fait la loi, « nos produits sont d’abord des grands vins avant d’être des champagnes ».
 A cause bien sûr de ce sacré pinot noir sanctifié par le Président de la marque depuis son arrivée aux commandes en l’an 2000. La maison qui, au début du XXème siècle, a fait un saut de puce pour passer d’ « Ay le renom » à « Mareuil le bon », est en passe de s’octroyer le record de fidélité à un cépage dont les gens d’ici ont su apprivoiser le jus blanc. C’est peu dire que, dans la quasi-totalité des cuvées élaborées chez Philipponnat, il entre pour deux tiers dans la composition des assemblages, déléguant au chardonnay le rôle de modérateur. Ultime concession faite à la permanence du style : plus des deux tiers des raisins utilisés (ceux du vignoble maison et ceux fournis par des vignerons amis, parfois depuis un siècle) proviennent de Grands et Premiers crus du revers sud de la Montagne de Reims.

Un coup de maître

S’agissait-il de valoriser encore davantage le descendant du vieux morillon noir ? Toujours est-il que Charles Philipponnat, qui mûrissait son projet depuis pas mal de temps déjà, a frappé un grand coup en annonçant la conversion de la maison au blanc de noirs. Ça valait la peine d’attendre, d’ailleurs, car il ne s’agissait pas d’élaborer une cuvée marketing ni un 100% pinot noir dans l’air du temps, mais bel et bien de mettre en valeur le cépage numéro un de la Champagne dans une maison qui lui toujours réservé la place qui lui revient dans son fief de Mareuil-sur-Ay. Pourtant, il manquait un blanc de noirs à la gamme, alors en voici quatre d’un coup ! Un assemblage millésimé de plusieurs crus et trois cuvées parcellaires issues des plus  célèbres terroirs de la marque.
Chef de file de ce quatuor de choc, le 100% pinot noir 2008 se veut « la démonstration magistrale de la maîtrise de l’assemblage et de la vinification de ce cépage par Philipponnat ». Que des crus haut de gamme de la Montagne de Reims et des vignobles de la maison à Mareuil dans cet assemblage qui a passé sept ans en cave et dont on a tiré 40 000 flacons. Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître puisqu’il s’agit là d’un authentique blanc de noirs nanti d’une vinosité à toute épreuve et promis à une longue conservation.

Un trio de parcellaires

Quant au trio de parcellaires, tous millésimés 2006 c’est moins la rareté (2 000 bouteilles pour chacun d’entre eux) que leur noble origine au royaume du pinot noir qui fait leur originalité. Celui d’Ay est un Grand cru issu de la parcelle historique du « Léon », un lieu-dit que se partagent plusieurs propriétaires et qui doit son nom au pape Léon X, souverain pontife au début du XVIème siècle. Que venait faire ce Florentin en Champagne à une époque où l’on n’avait pas encore découvert les bulles ?  Toujours est-il que naît de son vignoble  un extra brut dont la moitié des vins a fermenté sous bois.
Son compère de Mareuil-sur-Ay est un assemblage de cinq parcelles maison de ce village Premier cru. Il y a de la framboise   dans sa palette aromatique et Charles Philipponnat lui prédit dix ans et plus de conservation. Quant au plus récent de ces parcellaires, lui aussi millésimé 2006, il est originaire de l’inépuisable Clos des Goisses. Et plus précisément, de deux petites parcelles de pinot noir de 75 ares situées dans la partie la plus pentue et exposée plein sud. Ici, on est au cœur des Goisses et la cuvée a reçu le nom  de « Les Cintres », parce qu’à cet endroit les murets du Clos forment un demi cercle pour supporter les terrasses. Depuis 1935, date du rachat du Clos des Goisses (anciennement Mont de Mareuil) par les Philipponnat, on avait pris l’habitude d’appeler ces parcelles « Les Grands Cintres » et « Les Petits Cintres ». Dans ce Clos où le pinot noir représente 65% de l’encépagement, il est    particulièrement grandissime et méritait d’être mis en valeur.

                                                                                                Roger Pourteau

Jean-Baptiste Duteurtre

1 commentaire

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