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Les passionnés du bois se font des confidences

par / 21 octobre 2015 Non classé No Comments

Crée au printemps 2014, le Cercle des créateurs de champagnes confidentiels regroupe, autour du tonnelier Jérôme Viard, des passionnés de la vinification sous bois. Il permet d’échanger les expériences et de valoriser un savoir-faire autour de cuvées de faibles volumes et représentatives de la diversité des terroirs champenois. Avec un fil rouge, le fût.

 

S’inspirant des Grands Jours de Bourgogne, plusieurs associations de vignerons champenois proposent, chaque mois d’avril, des rendez-vous dans des espaces élégants. Château, théâtre, palais, demeures prestigieuses reçoivent durant plusieurs jours des professionnels du vin du monde entier. Cette année encore, la Champagne week a connu le succès, les associations de vignerons jouant la carte de leurs complémentarités, de leurs diversités et de leurs affinités électives.

Créé l’an dernier, le Cercle des créateurs de champagne confidentiels a donc participé pour la première fois à ce rendez-vous en 2015. Un baptême du feu pour cette association qui réunit neuf vignerons dont le point commun est de proposer des cuvées vinifiées sous bois. « Le groupe réunit des vinificateurs soucieux de faire du cousu main », assure Sébastien Crucifix, président du Cercle et chef de cave de la coopérative Le Val D’Or, à Avenay-Val-D’Or. L’objectif est notamment de partager un savoir-faire, de le faire savoir et de s’attacher à progresser dans l’excellence.

Sous les lambris dorés du foyer du théâtre Gabrielle-Dorziat, un petit bijou du patrimoine d’Épernay, ces vignerons ont fait découvrir leur production, déguster leur cuvée et expliqué leur démarche en présence de leur partenaire privilégié, le tonnelier marnais Jérôme Viard, créateur de la Tonnellerie de Champagne à Cauroy-les-Hermonville, près de Reims. Ce dernier s’est lancé voici cinq ans dans la restauration et la fabrication de fûts avec Denis Saint-Arroman, Meilleur Ouvrier de France. « Le bois est notre fil conducteur », précise Sébastien Crucifix. « Nous comparons nos cuvées, nos méthodes de travail, nos expériences autour de Jérôme qui apporte la touche technique et la précision de l’analyse. Il nous parle, par exemple, de l’influence du fût sur l’expression d’un champagne, sur ses aptitudes au vieillissement ou sur ses évolutions différentes en fonction des sols et des terroirs. »

Le Cercle n’a aucun objectif commercial. « Nous travaillons sur de petits volumes, qui vont de 300 bouteilles à 6.000 pour la coopérative de Janvry, Prestige des Sacres, qui nous a rejoints. D’où le choix du terme champagnes confidentiels. L’association réunit des élaborateurs de différents secteurs de l’appellation, des coopératives et des récoltants-manipulants. »

Gros succès en Belgique

Afin de s’ouvrir à d’autres horizons, le Cercle a accueilli en son sein un établissement scolaire viticole, Les Compagnons du Devoir de Muizon, près de Reims, qui élabore un champagne sous bois en bio. « Il est intéressant de voir comment le bois, les cépages et les terroirs fonctionnent ensemble. On se retrouve une fois par mois pour déguster nos vins. Nous organisons aussi des soirées à thème où nos cuvées sont dégustées avec plusieurs fromages. Par exemple un comté, un gouda, un parmesan et un chèvre. » Un vigneron de Villers-Marmery, dans la Montagne de Reims, élabore même un ratafia sous bois qui permet de d’ouvrir la gamme et de garder la mémoire d’un produit élaboré sous bois.

Le Cercle sait donc s’ouvrir et bouger. Il a organisé à Gand, en Belgique, deux soirées de dégustation avec des cavistes et des importateurs. « Cette rencontre a réuni 350 prescripteurs et offert de la visibilité à notre démarche. Nous apprenons beaucoup lors de ces évènements », souligne Sébastien Crucifix.

Jean Batilliet

Jean-Baptiste Duteurtre

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