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Laurent Gillet, chantre de l’union entre Aube et Marne

par / 27 février 2014 Non classé No Comments

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Issu d’une famille de coopérateurs de père en fils, Laurent Gillet incarne le parfait Champenois. Ce sexagénaire préside à la fois l’Union Auboise et les marques Jacquart et Devaux. Cette activité professionnelle le mène inlassablement de l’Aube à la Marne et inversement. Portait d’un dirigeant atypique.

 

Fin et élancé, à 62 ans, Laurent Gillet a la silhouette du coureur de fond. D’ailleurs, le natif de Neuville-sur-Seine, village au sud de Troyes, ne compte pas les kilomètres. Un jour dans la côte des Bars, le lendemain au cœur de Reims, il est perpétuellement en mouvement. Mais qu’est-ce qui peut bien le faire courir ? Un léger sourire se dessine sur les lèvres de l’intéressé. « J’aime les responsabilités et je nourris une véritable passion pour le produit champagne et la région. Avoir des vignerons comme actionnaires, c’est formidable. Mon but est de les accompagner afin de les doter d’outils qui leur assurent une certaine pérennité. Alors, l’idée de défendre ces femmes et ces hommes qui ont les deux pieds dans leur territoire m’a toujours attiré ». Toujours ! L’adverbe est juste puisque son père, Pierre, a fondé la coopérative de Neuville-sur-Seine. « Il était viticulteur et passionné. Il est vite devenu vice-président du Syndicat général des vignerons. Durant toute mon enfance, je l’ai vu faire des allers-retours à travers la Champagne. »

La coopération, un gage de stabilité

Laurent Gillet a inscrit ses pas dans ceux de son père. Le fils s’est rapidement forgé une réputation d’interlocuteur sérieux dans le monde du champagne. Après avoir intégré Sup de Co Reims, le jeune homme a terminé son cursus à Sup de Co Dijon (promotion 1976). Son diplôme de marketing en poche, il s’est fait remarquer dans la coopérative locale grâce à une étude sur la vente par correspondance. Sa première copie rendue, il intègre l’Union Auboise puis franchi les différents échelons menant à la direction de ce regroupement de onze coopératives de la côte des Bars.
Aux yeux de Laurent Gillet, la coopération constitue un pôle de stabilité au sein de la filière champagne. En 1997, il fut d’ailleurs l’un des hommes clés d’un moment important de l’histoire économique du champagne. Avec ses collègues de la CO.GE.VI (Coopérative générale des vignerons) et de la COVAMA (Coopérative vinicole de la vallée de la Marne), il fonde Alliance Champagne. « Il m’a semblé essentiel de nous regrouper. Il s’agissait, à mon sens, d’une question de survie. C’est alors que nous avons repris la marque Jacquart. »
Particularité notable dans l’univers viticole régional, Laurent Gillet a donc un pied dans la Marne et l’autre dans l’Aube. L’homme reconnaît les nombreuses différences entre les aires de production. Pour autant, il les perçoit comme des atouts. « Aujourd’hui, la Champagne est ce mélange entre les quatre grandes régions que sont la côte des Blancs, la montagne de Reims, la vallée de la Marne et la côte des Bars. Certes, l’Aube ne compte aucun des 17 villages en 100 % grands crus mais son terroir possède un réel potentiel. Parfois, la position de challenger permet de progresser plus facilement… » Et de conclure : « C’est vrai, la tentation de créer une appellation propre au département a existé mais, aujourd’hui, l’Aube fait partie intégrante de la famille champenoise. »

 

Jean-Baptiste Duteurtre

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