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Julie Campos : « Notre mission est de créer de la valeur durable. »

par / 9 octobre 2015 Non classé No Comments

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Après plusieurs années à la tête de la direction commerciale du centre vinicole Nicolas Feuillatte, Julie Campos a pris les rênes de l’entreprise le 1er janvier 2015. Le nouveau directeur général entend fédérer les adhérents autour des projets de la coopérative.

 

Vous dirigez désormais la plus importante union coopérative de Champagne et la deuxième de France. Aviez-vous un jour imaginé vous trouver la tête d’une telle entreprise ?
J’ai géré ma carrière comme je l’ai souhaité. Deux fois déjà, j’ai occupé des postes de directrice générale. J’ai d’ailleurs effectué la majeure partie de ma carrière à ce niveau de responsabilités. Ce fut le cas à Chablis [Yonne], pour la maison Moreau, puis à la cave de Tain l’Hermitage [Drôme].
Certes, il s’agissait d’entreprises plus modestes mais ce n’est pas la taille de la société qui m’intéresse. Je suis une adepte du qualitatif plutôt que du quantitatif. Je suis arrivée ici avec un projet commercial destiné à faire grandir la marque. À ce moment-là, je ne m’imaginais pas au poste de directrice générale.

Lorsque vous évoquez votre préférence pour le qualitatif, cela signifie-t-il que l’avenir du champagne passe, selon vous, davantage par la valorisation du produit que par une course à la quantité ?
Le volume est important mais jusqu’à un certain point. Il n’est pas difficile, lorsque vous êtes commercial, de vendre du volume. Dans une structure coopérative, notre premier devoir consiste à pérenniser l’activité de nos producteurs. Pour cela, il faut créer de la valeur durable et, dans le même temps, fédérer autour de notre projet les 5.000 adhérents de l’Union. Nous voulons les impliquer dans le développement de la marque.

Avec votre présidente, Véronique Blin, vous formez une direction 100 % féminine. Un fait suffisamment rare pour être souligné. Cela change-t-il quelque chose par rapport aux directions exclusivement masculines de l’immense majorité des maisons de champagne ?
Je n’en ai aucune idée. Les femmes ne se posent pas ce genre de question. Il n’y a que des hommes pour le faire ! Si nous étions deux hommes, personne ne nous interrogerait à ce sujet…

Française d’adoption, vous êtes originaire d’Angleterre. Or la France et le Royaume-Uni constituent les deux principaux marchés du champagne. Autant dire que vous connaissez bien vos consommateurs…
Que ces deux pays soient les premiers consommateurs de champagne ne me paraît pas essentiel. En revanche, il me semble important d’avoir grandi dans un pays puis d’avoir mené toute ma carrière et ma vie familiale d’adulte dans un autre. Cette interculturalité permet une ouverture d’esprit et offre une façon différente d’appréhender les problèmes. Il y a moins d’accoutumance, moins d’habitudes.

Quels objectifs vous êtes-vous fixés à la tête du centre vinicole ?
J’ai deux objectifs majeurs et je les place au même rang de priorité. Il y a le développement de la marque Nicolas Feuillatte et les relations en amont auprès nos adhérents. Ces derniers doivent tous se sentir impliqués dans l’Union et être fiers de porter la marque en France et à l’international.

 

Propos recueillis par Jean-Baptiste Duteurtre

Jean-Baptiste Duteurtre

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