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Journalisme du vin : Un premier diplôme universitaire créé à Reims

par / 9 janvier 2018 Non classé No Comments

Unique en son genre un diplôme de journalisme du vin vient d’être créé par l’université de Reims en partenariat avec la Champagne Viticole. Cette formation innovante, de niveau master, vise à donner à ceux qui informent le public, davantage de connaissances et d’éviter l’écueil d’être de simples relais de communication face à des interlocuteurs hyper spécialisés. Une initiative gagnant-gagnant.

 

L’engouement pour le vin est croissant. Sous de multiples facettes : gustatives, économiques, culturelles ou sociales. « Les consommateurs sont de plus en plus avides d’informations et de plus en plus spécialisés », commente Tony Verbicaro, rédacteur en chef de La Champagne Viticole, magazine du Syndicat Général des Vignerons de la Champagne et partenaire du diplôme universitaire (DU) du journalisme du vin. Les premiers cours se sont déroulés les 5 et 6 octobre derniers dans une maison de champagne, chez Ruinart et à La Villa Douce, siège de l’université de Reims-Champagne. « Nous souhaitons que cette formation se déroule en partie sur le terrain, à la rencontre des professionnels de la filière et qu’elle soit accompagnée de visites de sites, de conférences-débats, de déjeuners pédagogiques », souligne Tony Verbicaro. La formation, de niveau master, bénéficie de l’appui de la Chaire Jean Monnet en Régulation européenne du secteur viti-vinicole et de l’institut Georges Chappaz de la vigne et du vin en Champagne, dirigés par Théodore Georgopoulos.

Question naïve : pourquoi un diplôme de journalisme du vin ? « Les journalistes qui travaillent sur ce sujet dans les médias spécialisés ou les médias nationaux ou locaux  sont soit des passionnés d’œnologie, soit des spécialistes de l’économie générale ; Mais rarement des experts de la vigne et du vin. Ils ont face à eux, en revanche, des interlocuteurs des filières vitivinicoles extrêmement pointus. » L’ambition de cette formation est donc de réduire ce décalage, de permettre à ceux qui informent le public d’en savoir plus et mieux et de ne pas se limiter au simple rôle de relais de communication. « On se rend compte que les acteurs de la filière parviennent assez facilement à faire dire ce qu’ils ont envie d’entendre. D’ailleurs il y a peu d’articles critiques ou d’investigation dans le journalisme sur le vin », constate Tony Verbicaro.

Une pédagogie innovante

La formation n’a pas pour autant l’ambition de transformer les journalistes en spécialistes de l’économie vitivinicole, en œnologue, en historien des terroirs. Chacun doit rester à sa place. En revanche elle entend proposer, à partir d’une formation de 110 heures sur l’année, une connaissance solide des appellations viticoles, des institutions de la vigne et du vin, des défis de l’environnement ou du comportement des consommateurs. « Les étudiants ne seront pas passifs. Ils auront des articles, des documentaires et des dossiers à réaliser sur les différents thèmes abordés à raison de deux jours par mois, d’octobre 2017 à mai 2018. Le tout autour d’une pédagogie innovante et participative centrée sur les échanges et les expériences. »

Les deux premières journées ont été consacrées à la civilisation du vin. Elles étaient coordonnées par Yves Tesson, historien des maisons de champagne et du vignoble, qui a également assuré des cours. Avec en appui des interventions de Raphaël Schirmer, géographe, Ghislain de Montgolfier, qui a donné une conférence sur les vins chiliens et Yves Bénard, tous les deux anciens co-présidents du Comité Champagne.

Devant eux  un public de journalistes, de blogueurs, d’étudiants en communication  et d’une viticultrice, responsable syndicale. « J’ai envie de découvrir le champagne et les autres appellations d’une manière différente et d’améliorer mes connaissances autour du vin », explique Daniel Romano, un journaliste italien demeurant à Reims et correspondant de 99 Champagne, premier guide italien pour l’appellation champagne. A ses côtés Guillaume Perrin, journaliste à La Marne Agricole et La Marne Viticole qui avoue connaître essentiellement  l’appellation champagne. « C’est cette ouverture vers d’autres terroirs français et étrangers qui m’intéresse. La formation présente une vue générale et aborde des thèmes qui m’ont immédiatement séduit. Et les intervenants sont de grande qualité. »

Enseignants, chercheurs, experts nationaux composent le panel des intervenants qui auront à estimer en fin d’année la qualité du travail des étudiants invités à soutenir un mémoire autour d’un sujet libre. La diversité de la première promotion, composée de 7 étudiants, fait partie de la richesse de la formation. Co-rapporteur de la commission « Valorisation » au Syndicat Général des Vignerons de la Champagne, viticultrice, membre de la commission scientifique de la mission « Maisons, coteaux et caves de Champagne » Sévérine Couvreur entend aussi retrouver le goût de l’écriture qu’elle peut déjà satisfaire dans le cadre de son engagement syndical. « J’aime rédiger des dossiers, proposer des articles. Mais je pense que cette formation va m’offrir de la hauteur et compléter mes connaissances », explique la jeune femme, titulaire d’une maîtrise d’histoire obtenue à la Sorbonne et d’un diplôme de l’école de commerce de Lyon. De quoi proposer une belle part d’interactivité souhaitée dans les cours !

Jean Batilliet

Jean-Baptiste Duteurtre

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