Google+

Environnement : Philipponnat, chantre de la « lutte ultra raisonnée »

par / 1 août 2013 Non classé No Comments

philipponnat-chevalMKB_0116_1379Vignoble et négoce confondus, une dizaine d’exploitations seulement détiennent la certification HVE (Haute Valeur Environnementale) en Champagne. Sise à Mareuil-sur-Ay, la maison Philipponnat appartient à ce cercle, pour l’heure, assez fermé. Son président, Charles Philipponnat, entend capitaliser sur ce label et poursuivre sa quête de qualité.

Si vous parlez « bio » à Charles Philipponnat, il vous reprend aussitôt. « Je suis un rationaliste : je souhaite que nous puissions travailler bien et proprement afin de ne pas abîmer et polluer nos sols, précise le chef d’entreprise. Aussi, je préfère parler de lutte raisonnée. ». Avant de tempérer quelque peu son propos : « Je ne suis pas un adepte du bio mais j’estime que les initiateurs de cette démarche ont soulevé de légitimes questions. »

À la tête d’un vignoble d’une vingtaine d’hectares, cet ancien de LVMH souhaite mettre l’accent sur la qualité. « Nous travaillons dans cet esprit depuis plus de quinze ans. Cela passe par des détails comme des piquets en bois en têtes de rang, des agrafes en fibre de bois ou des attaches en papier. Plus important encore, nous avons opté pour des plantations exclusivement en pinot noir avec des sélections massales d’origine bourguignonne, à rendement bas et meilleur potentiel de maturation. Nous utilisons uniquement des engrais organiques et nous aménageons des talus enherbés et des haies propices à la vie sauvage. Nous sommes en désherbage mécanique intégral, sans aucun produit désherbant, et la partie inaccessible du Clos des Goisses est faite à la main, à la sarclette. »

Charles Philipponnat évoque aussi le travail particulier sur les parcelles escarpées du Clos des Goisses à Mareuil-sur-Ay et du Clos Léon à Ay où la maison fait appel à un cheval de trait. L’inventaire est loin d’être exhaustif et les actions initiées dans le cadre de cette approche écologique restent nombreuses. On pourrait ainsi ajouter le fait de ne pas utiliser d’insectisides mais de travailler à partir de la « confussion sexuelle »

Intarissable sur le sujet, cet ancien de Sciences Po y voit aussi un axe de communication innovant pour son entreprise. « Cette certification permet de valoriser notre façon de travailler, même si l’essentiel reste de produire du bon vin. Nous ne sommes pas « bio » (mais presque), car nous récusons l’emploi du sulfate de cuivre, bien plus toxique à notre avis que les produits de synthèse disponibles contre le mildiou qui reste l’ennemi majeur des vignobles de climat humide.»

Aujourd’hui, Charles Philipponnat souhaite entraîner d’autres maisons et d’autres vignerons dans le cercle vertueux du respect de l’environnement. « Il n’existe pas, ou très peu, de démarches mettant en avant le travail qualitatif de la vigne. Les contrats d’approvisionnement ne possèdent pas de tel volet et c’est regrettable. Il faudrait pouvoir proposer un système de rémunération supplémentaire dans le cadre d’un cahier des charges qualitatif. Et pourquoi ne pas imaginer une certification pour les livreurs de raisins ? »

Le débat est (re) lancé. La profession peut se pencher sur le sujet. Sains débats en perspective…

 

Jean-Baptiste Duteurtre

Laisser un commentaire

Email (ne sera pas publié)