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Environnement : la démarche exemplaire de Mailly Grand Cru

par / 4 septembre 2017 Non classé No Comments

Plus de la moitié des adhérents à la coopérative Mailly Grand Cru est aujourd’hui certifiée HVE (Haute Valeur Environnementale). Une démarche encouragée par le président Xavier Muller. Rencontre.

 

Coopérative réputée pour la qualité de ses vins, Mailly Grand Cru (un approvisionnement de 70 hectares uniquement sur ce village de la Montagne de Reims) l’est également aujourd’hui pour sa démarche en matière d’environnement. « Au départ, il y a deux décennies, cela a consisté à limiter les désherbants, limiter les traitements, enlever les intrants, bref travailler différemment » explique le président Xavier Muller, assez fier du travail effectué avec ses collègues.

Pour se lancer dans cette voie, les responsables locaux ont décidé de travailler avec les institutions comme la Chambre d’Agriculture avant de se tourner vers une entreprise de conseils, Viticoncept. « Cela permet d’œuvrer avec des techniciens dédiés à la coop. Chaque mardi soir, du mois de mai à la vendange, une réunion est organisée entre les vignerons et ces techniciens pour faire le point sur la vie de la vigne » raconte encore l’élu local.

La démarche a été élargie par les adhérents de la coopérative. Ils ont décidé d’aller plus loin que la simple HVE en participant aussi au programme Viticulture Durable en Champagne (VDC).

« Nous faisons donc de la viticulture raisonnée au sens large. Un exemple tout simple : nous recyclons nos piquets de fer qui venaient de Chine par des piquets en bois fabriqués en Bourgogne. C’est bon pour l’environnement. Nous nous sommes aussi engagés à déposer nos batteries de tracteurs dans des lieux spécialisés… C’est finalement une action globale assez naturelle mais aussi un engagement de tous les jours. »

 

« C’est tout de même plus sympa d’aller avec la charrue remuer la terre que de faire des traitements avec des produits chimiques »

 

Xavier Muller voit aujourd’hui de nombreux avantages à être certifié : « Ce n’est pas fait au départ dans l’optique de valoriser notre production. Nous sommes les premiers intéressés par l’environnement au niveau local. Nous consommons l’eau de la commune qui vient des nappes phréatiques qui se situent sous nos vignes. Effectuer un traitement minimum permet d’avoir moins de produits dans l’eau que nous buvons. Ce n’est pas une démarche jusqu’au-boutiste, mais plus du bon sens. Et c’est tout de même plus sympa d’aller avec la charrue remuer la terre que de faire des traitements avec des produits chimiques. Les esprits changent dans le vignoble. Avant, les mauvais vignerons étaient ceux qui enherbaient leurs vignes et traitaient le moins possible. Aujourd’hui, le mauvais vigneron est celui qui met 100 % des traitements. Lorsque l’on passe progressivement de 17 à 18 traitements annuels à 6 ou 7, cela a forcément des conséquences. »

D’ici l’an prochain, un second groupe devrait passer par la certification et c’est ainsi 70 % du vignoble de Mailly Grand Cru qui pourrait mettre en avant le label HVE. « On s’aperçoit qu’il y a maintenant une certaine émulation et le partage d’expérience a permis de convaincre ceux qui pouvaient être un peu réticents. À Mailly, chaque génération apporte sa pierre à l’édifice. Nos anciens ont creusé les caves. Nous nous travaillons sur l’environnement. Et je pense que toute la Champagne sera obligée à un moment ou à un autre de suivre cette tendance. »

Et ce travail autour de l’environnement est soutenu par le chef de caves de la maison, Sébastien Montcuis. « Ce travail de fond a un impact sur les vins à moyen terme. Il faut cinq à sept ans pour voir la différence. Les jus sont meilleurs, ils sont plus équilibrés et font ressortir plus de minéralité. Et puis c’est important de remettre de la biologie dans les sols » explique l’œnologue en guise de conclusion.

 

Romain Pierru

Jean-Baptiste Duteurtre

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