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Du coté des Renoir

par / 8 janvier 2018 Non classé No Comments

L’Aube était en fête en 2017 pour célébrer le peintre qui séjourna pendant près de trente ans à Essoyes. 10 œuvres de l’artiste ont été associées à 10 champagnes du département

Branle-bas de combat culturel, artistique et   touristique dans l’Aube où 2017 sera « l’année Renoir ». Un hommage justifié rendu au chantre de l’impressionnisme qui, pendant  près de 30 ans, est venu « paysanner » à Essoyes, un village pittoresque de la Côte des Bar où il passait l’été avec toute sa famille. Le maire de la commune viticole, Alain Cintrat, a même rebaptisé son fief du nom de « village des Renoir » tant celui-ci a été imprégné par la présence du peintre qui a vécu en ce lieu « une période féconde de son art ».

            C’est à sa femme, Aline Charigot qu’il épousa en 1890, que le Limougeaud Pierre-Auguste Renoir doit d’avoir rencontré Essoyes. Car elle était originaire de ce village bordé par la paisible rivière Ource, dont le peintre disait que la lumière de ses eaux est « de l’argent en fusion ». Six ans après son mariage, le couple avait acheté une ancienne petite maison de vignerons et c’est au fond du jardin que l’artiste installa son atelier. Le caractère paisible du bourg, la beauté et le charme des paysages lui ont inspiré quelques-unes des plus belles de ses œuvres.

Ouverture de la maison du peintre

Décédé en 1919, dans sa maison de Cagnes-sur-Mer, Renoir a choisi de reposer dans le petit cimetière d’Essoyes plutôt qu’à Nice d’où ses cendres furent transférées trois ans plus tard selon ses souhaits. Il y repose en compagnie de deux de ses fils, deux célébrités du grand écran : Jean, le cinéaste mondialement connu, réalisateur entre autres de « Partie de campagne » « La grande illusion » ou « La règle du jeu », mais aussi Pierre, l’acteur. Le troisième fils des Renoir, Claude, dit « Coco » a été céramiste et il repose également à Essoyes, à côté de sa mère.

L’un des deux grands évènements de l’année Renoir, sera l’ouverture au public, à partir du 3 juin prochain, de la maison familiale. La commune, en effet, qui organisait déjà un site culturel et artistique autour des Renoir, labellisé « Vignobles et Découvertes » a racheté et restauré il y a quatre ans la célèbre maison. La famille représentée par Madame Sophie Renoir ayant donné la priorité au projet des Essoyens. Cinq pièces, dont la cuisine, seront ouvertes aux visiteurs et deux œuvres du maître, prêtées par les Musées des Beaux-Arts de Bordeaux et de Rouen seront visibles jusqu’au 24 septembre : « Le petit pont » et « Jeune fille au miroir ».

50 tableaux exposés à Troyes

Second évènement : une Exposition au Musée d’Art Moderne de Troyes (du 17 juin au 17 septembre) qui réunira une cinquantaine d’œuvres, dont « Le déjeuner des canotiers », prêtées par quinze musées. Dont le musée Picasso, détenteur de tableaux de Renoir ayant appartenu au peintre-sculpteur. L’Exposition sera thématique (cinq sections), le premier volet étant consacré aux portraits, en particulier ceux des femmes. Aline Charigot son épouse, bien sûr, mais également  Gabrielle Renard, née elle aussi à Essoyes, nourrice de Jean Renoir, modèle préféré du peintre (et plus si affinités !). « Gabrielle à la rose », c’est elle. L’œuvre appartient au Musée d’Orsay mais elle sera présente à Troyes.

Une multitude d’autres manifestations (conférences, expos en tous genres, visites guidées, cinéma, spectacles, guinguettes, pique-niques géants, etc.) figurent au programme de l’Année Renoir. Mais on aurait garde d’oublier que l’Aube est en Champagne et qu’Essoyes est entourée d’un vignoble de plus de 400 ha majoritairement planté en pinot noir. Auguste Renoir, d’ailleurs, aimait bien « ce petit vin de pays ». Sans doute s’agissait-il alors de ce vin rouge que les grandes marques achetaient dans la région pour colorer leurs champagnes rosés. Le peintre a-t-il, lui-même, goûté au « vin des sacres » ? Rien ne le prouve.

10 œuvres  d’art pour 10 champagnes

Quoi qu’il en soit, les bulle champenoises et spécialement celles de l’Aube sont au programme de la fête à Renoir sous une forme très originale. A l’initiative de la municipalité d’Essoyes, l’un de ses adjoints, Philippe Talbot, qui est aussi œnologue, a constitué un comité de dégustation sous le parrainage de Mme Sophie Renoir qui s’est réuni dans la maison même du peintre. Objectif : sélectionner  dix champagnes d’exception pour accorder chacun d’entre eux à une œuvre du peintre.

Résultats de ce délicat exercice de style : la Cuvée Renoir de Christian Senez, à Fontette, voit son Brut fin, élégant et séducteur, associé à « Danse à la ville » (1883) qui réunit un couple vêtu de blanc et de noir ; « La maison de Renoir vue du jardin » (1906), elle, cohabite avec la cuvée Sainte Germaine du champagne De Barfontarc, à Baroville, un millésimé dont la robe jaune or rappelle les couleurs chaudes du tableau ; le champagne Charles Collin, qui tient boutique à Essoyes, hérite avec la Belle Cuvée Gabrielle d’une alliance souhaitée avec « Gabrielle et Jean » (1896), l’œuvre qui réunit la nourrice préférée du peintre et son fils aîné ; dans « La balançoire » (1876) les experts ont fait un rapprochement entre la jeune fille du tableau et la Cuvée Marion, un pur chardonnay de Thierry Mercuzot, à Essoyes. Quant au nu « Torse, effet de soleil » (1875), sa fraîcheur est associée au Brut Exception de Jacques Defrance, à Riceys-Bas.

Les rondeurs de la Grande Sendrée, la cuvée de prestige des Drappier, à Urville, ne pouvait pas avoir meilleur partenaire que « Danse à la campagne » (1883) qui nous fait découvrir Aline, l’épouse de Renoir ; la Cuvée Solera, un assemblage de multiples millésimes  de R.Dumont et fils, à Champignol-lez-Mondeville, batifole dans le « Chemin montant dans les hautes herbes » (1876) ; alors que le rosé tout en douceur de la coopérative Chassenay d’Arce, à Ville-sur-Arce, se retrouve dans le beau visage de la « Fille aux pâquerettes » (1889) ; quand au célèbre « Déjeuner des canotiers » (1880), la multitude de ses personnages se retrouve dans la Cuvée Louis-Aristide de Rémy Massin et fils, à Ville-sur-Arce puisqu’elle est issue d’une multitude de vendanges de pinot noir ; enfin, pour escorter « Les fraises » (1905), quoi de mieux que le rosé aux arômes de gariguettes élaboré par le champagne Richardot, à Loches-sur-Ource ?

                                                                                                         Roger Pourteau

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Jean-Baptiste Duteurtre

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