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Champagnes Alfred Gratien : le cousu main est une affaire de famille

par / 27 septembre 2013 Non classé No Comments

Nicolas Jaeger est l’héritier d’un savoir-faire qui remonte à quatre générations. Cet enfant de la balle, intuitif et généreux, porte Alfred Gratien à son niveau d’excellence. Avec discrétion, talent et bonhomie.

Nicolas Jaeger appartient à la 4 ème génération de chef de cave. Il a pris la succession de son père, Jean-Pierre. Il a tout retenu de lui. Les techniques de vinification les plus subtiles, les relations complices avec les livreurs et cette façon bienveillante de recevoir ses hôtes. A la bonne franquette. Dans la cuisine et sur la toile cirée où il présente les pépites des champagnes Alfred Gratien.

A 41 ans, Nicolas ne semble pas avoir la pression. Il parle de sa fille et de son fils entre deux dégustations, de sa vie à Reuil, où il a une maison au bord de la Marne. Sereinement. « Papa vient souvent à la maison. Il veille toujours au grain », en parlant de celui qui a été durant 40 ans chef de caves de Alfred Gratien, aujourd’hui dans le giron du groupe Henkell & Co Secktellerei, l’un des leaders européens de vins. « Les dirigeants me font toute confiance. Ils adhèrent en grande partie à mes choix », lance Nicolas.

Alfred Gratien c’est 300 000 cols vendus par an dont une bonne partie dans le haut de gamme. La maison joue sur la tradition, la fidélité aux livreurs et l’innovation permanente. Nicolas Jaeger ne cesse de moderniser l’outil de travail, d’apporter sa touche dans l’excellence, d’explorer des pistes nouvelles. En témoigne le remplissage par aspiration des fûts qui permettent de gagner en qualité, en sécurité et en productivité. « On utilise toujours l’eau mais sous forme de vapeur », lance Nicolas Jaeger qui a mis au point un système de rangement des tonneaux qui en facilite la manipulation.

Car parmi les gestes qui façonnent le style Alfred Gratien, les petits fûts de chêne de 228 litres en font partie, utilisées pour la première fermentation.. Ils ont abrité au moins quatre récoltes de chablis. « L’échange avec le bois suscite une micro oxydation qui fait vivre le vin », explique Nicolas Jaeger. « Il le rend plus onctueux et plus apte au vieillissement. »

Dispensés de fermentation malo-lactique, pour en garder toute la fraîcheur, les vins restent dans les fûts d’octobre à mars. Pour les millésimes, Alfred Gratien a toujours opté pour le bouchage liège qui offre une grande perméabilité et le développement de micro-apports d’oxygène nécessaires à une évolution plus lente du vin. « Les arômes prennent le temps de se développer pour devenir plus fins et plus complexes et conserver leur fraîcheur », explique Nicolas Jaeger.

De la dentelle

La maison est située sur les hauteurs d’Epernay, dans un espace sans chichis, qui ne ressemble à aucune autre. Une grande cour et des bâtiments sans cachet architectural. Il faut pousser les portes pour découvrir les enfilades de tonneaux et surtout la passion de quelques hommes qui donnent à Alfred Gratien son identité. Les choses sont précises. Le brut millésimé 2000 est composé de 64% de chardonay, de 25% de pinot noir et de 11% de pinot meunier. L’élevage sur lattes dure 7 ans et le dégorgement se fait « à la volée », c’est-à-dire à la main.

Le dosage est faible afin de préserver la longévité du vin et exprimer sa finesse. « Nous sommes sur des arômes de notes torréfiées et grillées de champignons et de truffes », explique Nicolas Jaeger.

La bouche est puissante et dotée d’une belle vivacité qui apporte une touche de fraîcheur en finale. Le millésime 2000 est révélateur du style Gratien dans toute sa gamme. Avec un point d’orgue : les cuvées Paradis en blanc et en rosé, sélection de premiers et grands crus.

« Le 2000 développe des notes de sous-bois, de champignon, de pamplemousse et de mangue », souligne Nicolas Jaeger qui apporte une attention exigeante à toutes ces cuvées d’exception. « Nous faisons de la haute couture », ajoute le jeune chef de caves qui a appris son métier par mimétisme. En observant les gestes minutieux de son père, délégataire lui-même d’un savoir-faire de plusieurs générations.

Jean Batilliet

Jean Batillet

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