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Champagne Collet à Ay : ses racines lui donnent des ailes

par / 18 septembre 2013 Non classé No Comments

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Plus de 90 ans après sa création, le champagne Collet affiche de nouvelles ambitions commerciales et qualitatives. Sous l’impulsion d’une jeune équipe dirigeante, la marque joue la carte de la valeur autour de cuvées de prestige, de la restauration de son patrimoine et d’une stratégie commerciale orientée vers le développement à l’export.

Son nom est intimement lié à l’histoire du champagne. Incendiée lors de la révolte des vignerons de 1911, l’ancienne maison Bissinger, entrée dans le patrimoine de la Cogevi-Champagne Collet en 1951, est aujourd’hui un espace d’accueil et de dégustation élégant. Accolée à l’Institut International des Vins de Champagne, rue Jeanson à Ay, la Villa Collet va prochainement bénéficier d’une restauration dans le style qui était le sien aux origines de la marque en 1921 : l’Art déco.
« Collet appartient à ceux qui se sont battus lors de ces émeutes du début du XXe siècle pour défendre l’appellation champagne », rappelle Olivier Charriaud, son nouveau directeur général. Les 700 adhérents de la Cogevi, détentrice de la marque, représentent un approvisionnement majeur de plus de 730 hectares, situés dans toute la Champagne, dont les premiers et grands crus. De quoi offrir au chef de cave, Sébastien Walasiak, le bonheur de faire de la dentelle !
Lors du dernier salon Vinexpo, à Bordeaux, Collet a présenté deux nouvelles cuvées portant le nouvel habillage maison qui témoigne de son ambition de s’inscrire résolument dans la cour des grands, notamment celle de la gastronomie. « Nous avons une histoire, un patrimoine et des valeurs très fortes. Il ne faut pas oublier que les adhérents sont les fondateurs de cette maison créée en 1921. Il y a des racines, des hommes, un savoir-faire, une légitimité dont nous pouvons être fiers », commente Olivier Charriaud.
Depuis son arrivée, en août 2011, le dirigeant s’attache à renforcer le positionnement de Collet vers le « haut de gamme » mais aussi à faire comprendre, en douceur, l’intérêt d’une nouvelle culture managériale : passer de la culture d’une société qui produit à la culture d’une société qui vend.
« Nos adhérents impliqués dans l’élaboration des cuvées sont en quelque sorte les actionnaires de la marque dont le développement doit être pérenne. L’objectif n’est pas de faire avec Collet des volumes mais de prendre le temps de faire de la valeur afin que la marque soit reconnue à sa juste mesure. »
Olivier Charriaud, qui a 27 ans d’expérience ans dans le secteur des vins et spiritueux, est un homme du sérail. Il s’est entouré d’une équipe pleine d’allant pour porter la marque sur un positionnement prémium. « Nous avons la volonté d’un développement sélectif et d’une augmentation ciblée de nos ventes à l’international. »
Collet possède de nombreux atouts pour réussir. Le premier est la qualité et la diversité de son approvisionnement qui lui permet de jouer sur les assemblages, d’élaborer deux bruts distincts, et huit autres cuvées caractéristiques de la diversité du terroir champenois parmi lesquelles des millésimes de 9 ans.
L’exigence de qualité n’est pas récente. En témoigne la collection de diplômes et de médailles dont certaines remontent aux années 20, en France et à l’étranger. « Nous gagnons de nombreux concours internationaux. À San Francisco, cette année, Collet a remporté six médailles avec huit vins présentés », explique Bertrand Glory, directeur commercial de la maison.

Un nouvel habillage Art déco

Le champagne Collet possède trois bâtiments à Ay, dont la vocation est d’imprimer une identité à la marque, de faire connaître son histoire et celle des hommes qui ont participé à son développement, à commencer par Raoul Collet, deuxième directeur général de la coopérative, de 1928 à 1958, et qui a laissé son patronyme à la marque.
Grâce à la qualité et à la diversité de ses approvisionnements, et à la modernité de son outil de production, qui constituent le legs de son prédécesseur, Olivier Charriaud estime qu’il reste de la marge pour atteindre les objectifs qualitatifs fixés par le conseil d’administration.
« La valeur, c’est aussi notre patrimoine », explique-t-il en parcourant la parcelle de vignes de 1 ha 20 qui surplombe Ay et conduit directement dans des caves creusées sur cinq niveaux. La visite se poursuit dans le musée privé aménagé sur deux étages et qui réunit tous les dons, en matériels et en outils divers, faits par les adhérents. On y trouve notamment un motoculteur de 1928 et un tracteur à bras de 1946, au milieu de serpes, de sécateurs et de cisailles du début du XXème siècle. « Nous avons aussi reconstitué une cuisine des années 50 », ajoute Bertrand Glory avant de montrer l’une des fiertés de la maison : un pressoir Hercule de 1921 qui appartenait à l’arrière-grand-père de Jacques Marquette, président de la Cogevi-Champagne Collet.
« L’histoire de l’entreprise est dense et nous nous attachons à la faire passer dans l’identité visuelle de la gamme », ajoute Olivier Charriaud. Il revendique, en particulier, son appartenance à un terroir au travers du blason de 1921 et la nouvelle police de caractère d’inspiration Art déco.
Les deux nouvelles cuvées de la collection Privée, le Blanc de Blancs en coffret dont les 4.000 bouteilles sont numérotées et le millésime 2006, en coffret également, s’inscrivent totalement dans cette nouvelle politique. Elles sont disponibles en cette fin d’année dans les circuits sélectifs aux prix recommandés respectivement de 47 euros TTC et de 53 euros TTC.

Jean Batilliet

Jean Batillet

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