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Alain Thiénot : la maison fête ses trente ans

par / 25 juin 2015 Non classé No Comments

Il y a trente ans la maison Thiénot voyait le jour. Aujourd’hui, le groupe Thiénot Bordeaux-Champagne est un acteur important de la Champagne. Un succès qui tient au travail de son fondateur, Alain Thiénot.

Ils sont rares, bien rares, trop rares, les entrepreneurs champenois pouvant se targuer de la réussite d’un lancement complet de marque. Alain Thiénot peut lui s’enorgueillir d’avoir réussi le pari. Et pourtant, à 74 ans, l’ancien courtier ne semble toujours pas satisfait de son travail. « J’ai monté une jolie petite maison en ramassant les miettes laissées par certains. Rien de plus. C’est une belle réussite ? C’est vous qui le dites. Je dois vous avouer que sur le fond, si je devais refaire ce chemin, il y aurait pas mal de choses différentes ». Il est un peu déconcertant ce champenois. Ce qui est évident c’est que le terme autosatisfaction a depuis bien longtemps été effacé de son dictionnaire. Et pourtant, aujourd’hui, le groupe Alain Thiénot Bordeaux-Champagne est une entreprise qui compte dans le champagne. En plus de la maison éponyme, elle est propriétaire de Canard-Duchêne, Jospeh Perrier, Marie Stuart et dans le Bordelais de Dourthe, Château Rahoul et Château de Ricaud. Mais ne dîtes surtout pas à Alain Thiénot qu’il est à la tête d’un petit empire, il risque alors de ranger son sourire franc pour un regard bien plus sombre.

Ses premières vignes : quatre hectares à Ay dont personne ne voulait

Qui aurait prédit le succès lorsqu’il se trouve, en 1976 avec quatre hectares de vignes qu’il n’arrive pas à vendre ? « J’étais alors courtier et un de mes clients voulait vendre sa vigne à Ay. J’ai fait le tour des grandes maisons, personne n’en voulait. Nous étions en pleine crise et le prix de ces terres avait été divisé par trois. J’ai alors décidé de franchir le pas et d’acheter ces quatre hectares pour mon propre compte. » Et voilà comment on passe du statut de courtier à celui de vigneron ou de négociant. Et s’il se souvient comme si c’était hier de l’achat des premières vignes, Alain Thiénot garde également un souvenir ému de la sortie de ses premières bouteilles. « Je suis immédiatement allé voir mon père qui, avant d’être notaire, avait dirigé la maison Irroy. Quand il a vu l’étiquette avec mon nom et mon prénom et il m’a dit : Thiénot, ce n’est pas un nom de champagne mais un nom de notaire… » Il faut préciser ici que son grand-père était notaire et certains lui voyaient un avenir dans une étude de la Marne.

Une histoire de famille

Le succès, non revendiqué, d’Alain Thiénot s’explique sûrement par son entourage professionnel qui est fait d’un savoureux mélange de famille et de personnages devenus historiques dans la maison. Il ne faut pas oublier que Bernard de Nonancourt, l’emblématique patron de Laurent-Perrier, était un ami proche de la famille. Le « Grand Bernard » lui a visiblement servi de modèle dans de nombreux domaines. Son père avait également dirigé une maison. À côté de ceux-là, il y a Laurent Fédou, chef de caves passionné et passionnant et James François, l’homme du commerce, celui qui a vendu les premières bouteilles de Thiénot. Depuis peu, il y a également Garance et Stanislas, ses enfants. « J’en suis fier » explique-t-il. Et d’ajouter dans l’instant : « mais je suis fier de l’ensemble de mes collaborateurs ». L’avenir du groupe est assuré. Gageons que le chef d’entreprise regardera avec un peu plus d’indulgence le travail de ses enfants. Mais cela encore, ce n’est pas gagné.

http://video.lefigaro.fr/figaro/video/un-verre-de-terroir-decouvrir-la-champagne-avec-la-maison-thienot/1917278637001/

 

Jean-Baptiste Duteurtre

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