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Alain Marty : « attention au champagne à moins de 10 € ! »

par / 7 juillet 2015 Non classé No Comments

Journaliste de l’unique émission entièrement dédiée aux vins et spiritueux à la radio et à la télévision, fondateur du Wine & Business club réunissant des patrons de grandes entreprises autour de la dive bouteille, Alain Marty livre son analyse de la filière champenoise.

Quel regard portez-vous sur l’appellation Champagne ?
Elle constitue un modèle pour l’ensemble du vignoble français. Cette appellation permet la création de valeurs pour toute la filière. Je distingue en fait deux métiers, celui de producteur de raisins et celui de vendeur de bouteilles, avec à la clé une bonne répartition des richesses.
Le risque pour la Champagne serait que le kilo de raisin atteigne des prix délirants. Dans une période difficile comme celle que nous vivons, les prix doivent rester raisonnables. Par ailleurs, 80% des ventes de champagne ont lieu dans la zone euro. Il faut donc être vigilant. L’appellation doit parvenir à ventiler les risques clients, c’est-à-dire diversifier sa clientèle à travers le monde.

Ne trouvez-vous pas que la marque Champagne a un peu tendance à vieillir, à s’endormir sur ses lauriers ?
Peut-être, mais tant que le champagne aura la chance de s’appuyer sur de grands groupes mondiaux, il ira dans le bon sens pour le bénéfice de toute la filière.
Ce qui m’étonne le plus aujourd’hui est la concurrence croissante des cavas et autres spumentis. Pour autant, le champagne est le roi. La bulle de référence reste champenoise. À mon avis, ce n’est pas demain que le cava prendra la place du champagne…
Attention tout de même à ne pas trop baisser les prix. Du champagne à moins de 10 € en grande distribution, cela contribue à dévaloriser son image et à le rapprocher des cavas.

Vous évoquez des champagnes à moins de 10 € mais le prix moyen d’une bouteille est tout autre…
Vous avez raison. Je trouve également que les grandes cuvées ne sont pas chères. Certes, elles ne représentent guère plus de 1% des ventes mais l’amateur trouve d’extraordinaires bouteilles entre 40 et 100 €. Un excellent rapport qualité-prix !

Comment les Champenois doivent-ils préparer l’avenir pour préserver cette image d’exception ?
Il faut veiller à la qualité du champagne, de tous les champagnes. Quelques mauvais vins nuisent énormément à l’image de l’appellation. Le niveau de qualité moyen de l’ensemble des AOC françaises s’est amélioré. Or le champagne souffre encore de grands écarts qualitatifs avec parfois de mauvaises surprises. De fait, les consommateurs se réfugient vers les marques offrant une certaine garantie en la matière.
À mon avis, l’avenir de la Champagne se trouve au-delà de l’Europe, à destination de marchés où un gros travail de promotion reste à accomplir. La filière doit aussi continuer à investir dans le marketing pour conserver l’image haut de gamme du champagne afin que la bulle champenoise règne toujours sur les autres. Sur toutes les autres !

Propos recueillis par
Jean-Baptiste Duteurtre

Jean-Baptiste Duteurtre

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