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2015 : l’année Laurent Fresnet

par / 21 mars 2016 Non classé No Comments

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Désigné chef de cave de l’année par le monde champenois et par l’International Wine Challenge, Laurent Fresnet, l’homme du vin de la maison Henriot, vient de vivre une année 2015 particulièrement riche.

 

« J’ai pour habitude de dire que je suis un bébé de la bulle, alors vous pensez bien que ces distinctions me touchent tout particulièrement. » En une phrase, Laurent Fresnet a résumé la situation. En cette fin d’année 2015, le patron de l’œnologie de la maison Henriot peut porter un regard très positif sur les derniers mois. En juillet, il a reçu le titre très convoité de « Sparkling Wine Maker of the Year » décerné à Londres par l’International Wine Challenge. Puis en octobre, c’est le monde champenois qui l’a élu « chef de cave de l’année », trophée du magazine Bulles & Millésimes. « Mon seul regret est que mon père soit mort trop tôt et qu’il n’ait pas pu être associé à ce grand bonheur. »

À 48 ans, l’œnologue originaire de la Montagne de Reims (une mère native de Mailly et un père de Verzy) voit sa carrière prendre un nouveau tournant, mais il garde la tête froide. « Cette reconnaissance, c’est avant tout celle d’un travail, celle d’une équipe. Et quand je parle d’équipe, cela englobe le personnel de la maison mais aussi nos partenaires du vignoble. Dans mes discussions, j’ai banni le « je » pour toujours le remplacer par le « on ». C’est ma philosophie. »

Le champagne, Laurent Fresnet baigne donc dedans depuis qu’il est tout petit. Il se souvient d’ailleurs de vacances passées en cuverie, de l’image de son grand-père nettoyant avec un petit couteau les lamelles du pressoir de 1.850 kg ou des odeurs, bien différentes de celles d’aujourd’hui.

Les Fresnet, une famille de têtus selon les dires même de Laurent, travaillent dans la vigne depuis plusieurs générations. Seul le père a « dévié » de la route pour se consacrer à l’informatique. « Mais il m’a conseillé, m’a aidé dans ma progression. Comme ma mère, c’était un amoureux du vin. »

Détartrer les cuves

Titulaire de nombreux diplômes dont celui d’œnologue, Laurent Fresnet a beaucoup voyagé avant de revenir en Champagne. Il s’est ainsi épanoui dans les vignobles de Nouvelle-Zélande, d’Afrique du Sud, du Portugal ou du sud de la France. Après son retour dans la Marne en 1994, il passe quelques années au sein de la maison Cazals, au Mesnil-sur-Oger. Puis, toujours dans la côte des Blancs, il dirige la Vigneronne de Vertus. « Dans cette coopérative, avec le président Guy Vilmin, je crois que nous avons tout connu, notamment en matière de vendanges, du meilleur au pire. »

En 2006, il est recruté par la maison Henriot pour prendre les rênes des caves. « J’ai vécu cette année ma dixième vendange dans cette entreprise et je viens toujours travailler avec autant de plaisir. » Un plaisir parfois teinté d’une certaine frustration. « Je ne passe pas suffisamment de temps en cave à mon goût. J’aimerais avoir encore le temps d’aller dans les cuves pour les détartrer. Ce contact me manque un peu. » C’est peut-être pour cela que l’œnologue a décidé de donner une nouvelle vie à l’exploitation familiale de 2,5 hectares. « Là, durant mes heures plus calmes, je suis quasiment seul à tout faire. Et c’est un réel plaisir. » Un plaisir qui devrait se retrouver en bouteilles dans quelques années. Une cuvée Laurent Fresnet doit en effet voir le jour.

 

Jean-Baptiste Duteurtre

Jean-Baptiste Duteurtre

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